Les nappes phréatiques en France - 2015

La plus grande partie des nappes phréatiques (55%) affiche un niveau inférieur à la normale. La situation traduit, sur la plus grande partie du territoire, une période de recharge hivernale des nappes déficitaire, ce qui est assez exceptionnel à cette période de l’année.

Résumé de la situation
Situation du niveau des nappes
Le niveau des nappes au 1er janvier 2016 est hétérogène d’une région à l’autre.
La plus grande partie des réservoirs (55%) affiche un niveau inférieur à la normale. La situation traduit, sur la plus grande partie du territoire, une période de recharge hivernale des nappes déficitaire, ce qui est assez exceptionnel à cette période de l’année. Tout le sud, l’ouest et le nord-est du territoire présentent des niveaux inférieurs à la normale en lien avec un déficit pluviométrique marqué. Ailleurs, plusieurs secteurs présentent tout de même des niveaux normaux comme dans la vallée du Rhône et dans une grande partie du Bassin parisien.

Tendance d’évolution du niveau des nappes
La tendance d'évolution du niveau des nappes traduit, en ce milieu de période hivernale, une poursuite de la position de bascule vers une reprise de la recharge des différents aquifères. Le nombre de points en hausse (1/3 des points) tend certes à augmenter mais de manière très lente. Le nombre de points qui affichent une tendance à la baisse (38%) a légèrement diminué par rapport à début novembre (44%). Le nombre de points stables (29%) a peu varié. Cette situation n’est pas très habituelle pour cette période hivernale. On devrait en effet déjà observer une recharge nette, ce qui n’est pas le cas à cause du déficit pluviométrique.

La situation des nappes au 1er janvier traduit une période de recharge hivernale peu active en raison des faibles pluies en comparaison de celles habituellement attendues sur les derniers mois de l’année. Seules des précipitations marquées au début 2016 permettront d’améliorer la situation. 
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La carte de France de l'état des nappes d'eau au 1er janvier 2016

La pluviométrie du mois de décembre a présenté un caractère très exceptionnel avec des cumuls extrêmement faibles pour cette période de l’année sur l’ensemble du pays, tout comme le nombre de jours de pluie significative (cumul quotidien supérieur ou égal à 1 mm). Seuls le sud de la Bretagne et la Loire-Atlantique ont accusé un déficit moins important. En moyenne sur la France et sur le mois, la pluviométrie, déficitaire de plus de 70%, a été la plus faible enregistrée en décembre sur la période 1959-2015.
L’évolution du niveau des nappes traduit une poursuite de la période de bascule vers une recharge progressive. Au cours du mois de décembre, on note une diminution du nombre de points en baisse (38% contre 44% fin octobre) et stables (29% contre 35%) avec, en contrepartie, une augmentation du nombre de points en hausse (33% pour 20% fin octobre). Sur l’ensemble du territoire, les niveaux de nappes sont normaux pour 1/3 d’entre eux (11 indicateurs globaux sur 30) mais inférieurs à la normale pour les deux autres tiers (19 indicateurs globaux sur 30). La période de recharge hivernale n’a pas été vraiment active à cause du déficit pluviométrique enregistré. La situation est assez dégradée par rapport aux années précédentes (janvier 2014 et 2015) caractérisées par des pluies plus abondantes en fin d’année 2013 et 2014.

Les niveaux de nappes à fin décembre 2015 sont en baisse pour 38% d'entre eux, stables pour 29% et en hausse pour les 33% restant.

Après une baisse assez généralisée des niveaux observée jusqu’en fin d’été, le taux de remplissage des nappes ne s’améliore que très difficilement du fait d’un déficit de pluies en fin d’année. Il affiche, pour un grand nombre de réservoirs (55%), des valeurs inférieures à la normale. Dans le détail, on note que 35% des points suivis ont des niveaux normaux et seuls 10% sont supérieurs à la normale.

Pour une grande partie du territoire, les niveaux des nappes sont donc inférieurs à la normale. Quelques secteurs présentent cependant des niveaux normaux.
Parmi les nappes qui présentent les situations les plus favorables en cette période hivernale, avec des niveaux normaux, on peut citer par exemple :
  • Les aquifères de la vallée du Rhône, qui sont toujours relativement stables et dont les taux de remplissage sont, pour beaucoup, proches de la normale. Les pluies efficaces de fin d’année marquent le début de la période de recharge.
  • La plupart des aquifères du nord-ouest du Bassin parisien qui présentent, pour un grand nombre de points, des niveaux normaux. Si plusieurs points sont encore en baisse, la tendance à la stabilisation s’amorce.
Plusieurs secteurs présentent quant à eux des situations moins favorables, avec des niveaux inférieurs à la normale, on peut citer par exemple : 
  • Les nappes du bassin Adour-Garonne qui présentent des niveaux qui sont globalement stabilisés mais qui demeurent inférieurs à la normale suite à une pluviométrie réduite.
  • La nappe alluviale de la plaine d’Alsace au nord de Colmar qui présente une tendance assez généralement orientée à la hausse, mais avec des niveaux inférieurs à la normale voire très inférieurs. La situation est quelque peu dégradée pour cette période de l’année.
  • Les nappes des aquifères karstiques du secteur de Nîmes et Montpellier, dont les niveaux sont sensiblement inférieurs aux valeurs normales pour cette période de l’année.
  • Les nappes alluviales de Corse, majoritairement orientées à la baisse, qui n’ont pas bénéficié, pour l’instant, des précipitations attendues pour assurer la recharge hivernale. Leurs niveaux sont inférieurs aux normales.
Certains secteurs présentent des situations défavorables, avec des niveaux très inférieurs à la normale, on peut citer par exemple :
  • La nappe des calcaires jurassiques de Lorraine qui présente des niveaux qui, certes, ont tendance à repartir à la hausse mais qui, dans un contexte de pluviométrie faible, sont, pour l’instant, très peu marqués par la recharge attendue en hiver.
  • Les aquifères de Vendée et du nord du bassin Adour-Garonne dont la tendance à une reprise de la recharge n’est pas marquée, en l’absence de pluies efficaces suffisantes.
  • La nappe du Plio-Quaternaire aquitain, dont les niveaux ont peu évolué en fin d’année et qui ont poursuivi une phase de stabilisation. Les niveaux très inférieurs à la normale pour cette période de l’année ne traduisent pas la phase habituelle de recharge généralement observée à cette période. 
©BRGM

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Carte des arrêtés